MONTAGNE
Contemplation
Le Mont Blanc. Des compagnons de cordées. La quête du sommet. Un chrono qui défile et l’oublie de respirer.
Contemplation
23h. Chamonix. Réveil. Enfin, à cette heure-ci, autant vous dire que je n’ai pas fermé l’œil. À côté de moi, Valentin non plus. Sans doute à cause de l’excitation puis peut-être un peu à cause du stress. Faut dire, ce n’est pas tous les jours qu’on réalise un rêve d’enfance. Pourtant, le plan est simple. Il nous suffit de grimper. De s’élever jusqu’à ce que l’horizon embrase le ciel.
Minuit. Les Houches. Départ. La nuit est claire et la pleine lune nous guide. Il fait bon, c’est agréable. Nous cheminons rapidement jusqu’au couloir du Goûter où les premières lueurs apparaissent doucement.
8h. Refuge du Goûter. Nous sommes dans les temps. Enfin c’est ce que nous croyons à ce moment… Le sommet n’est plus très loin, nous poursuivons.
10h. Dôme du Goûter. Le doute s’installe. Il y a un orage de prévu en fin d’après-midi et notre rythme diminue.
10h30. Refuge Vallot. Trop de questions. Trop de doutes. Manque d’énergie. L’ascension se termine ici.
Attendez !
Il y a erreur. Mon récit n’a pas de sens. Nous nous sommes trompés. Depuis le début, chaque pas et chaque regard étaient à côté de l’essentiel. Nous étions tellement obnubilés par le sommet qu’on en a oublié de respirer. De contempler.
Bien au contraire, l’ascension n’est pas terminée, et elle ne le sera jamais. Peu importe le sommet atteint, l’essentiel ne s’y trouve pas. C’est la montagne entière qu’il faut considérer. De ses entrailles rocailleuses à sa chevelure enneigée.
Ici, loin de tout, on côtoie l’éternel. Les nuages tournoient, les crêtes valsent, les glaciers s’ébranlent. Le temps se fige et la montagne nous offre le plus beau des présents.
Merci à mes compagnons de cordée, Simon, Thomas et Valentin. Une pensée également pour Alex qui aura laissé sa place à petit panda.
À nos prochaines contemplations.
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